top of page
avril 1942, retrouvailles - copie.jpg

L’ANNEE DERNIERE A VICHY

 

Documentaire 

La violence de la guerre et de la Collaboration et 1940-1945, la violence politique.

Un soir de novembre 2001, arrivés de Paris on s’est retrouvé là dans le parc central de Vichy. Seulement du vent, nous allons habiter un temps rue du Parc, tout est presque silencieux. Mais je voudrais parler d’un autre silence, un silence de bruits. De ce silence là nus avons engagé ce film.

.

« Au début on s’est dit, ah ! encore un film sur Vichy, sur cette époque-là, et puis très vite on est pris. On est pris et on le lâche plus »

Constantin Costa Gavras projection du 2 mars 2007

.
« J'ai regardé avec beaucoup d'intérêt et d'enthousiasme L'année dernière à Vichy qui constitue effectivement une archive en soi avec les derniers témoins contemporains de l'occupation allemande. C'est un film très fort qui m'a fait penser à la filmographie de Marcel Ophuls » 

Julie Maeck, mémorial de la Shoah, 15 février 2026

​.

« Ce film parle nous parle de mémoire. Non pas celle des victimes, des bourreaux, des héros de l'Occupation. Mais de la mémoire de Français ordinaires vivant aujourd'hui à Vichy, différents par l'âge, la sensibilité, la prégnance des souvenirs ou la connaissance de l'Histoire.

Il nous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent plus ne pas connaître.

Après une décennie de « travail de mémoire », ce film offre un regard sur les effets - contrastés - de cette prise collective de conscience »

Henry Rousso

​.

Ce film interroge la mémoire des derniers témoins d’un temps vécu durant les quatre ans du pouvoir formé par Pétain alors que les enjeux de la nation traversent une des crises les plus graves concernant les Français.


Il propose de réaliser un point distancé entre ce que fut la réalité à Vichy du gouvernement de Pétain, sa responsabilité vis-à-vis du peuple français, et les Vichyssois impliqués à l’époque dans une situation qui les dépasse, confrontés comme tous les autres citoyens aux mêmes problèmes issus de la défaite. Le film met alors en parallèle la vie mondaine qui tourne autour du gouvernement et la réalité de la vie en ville. Il interroge aussi la conscience d’aujourd’hui, les jeunes, les gens d’âge moyen, en fait ceux qui n’ont pas connu la guerre : faut-il ou non parler de mémoire, faut-il remuer ce passé encombrant ?

Et dans notre monde contemporain, finalement qu’est-ce qu’il reste de l’influence du passage de Pétain ?


60 ans après, ce film tente de mieux saisir l’implication réelle de cet homme qui représentait partout à l’époque le "sauveur de la patrie".

Entre 2003 et 2006 il parcourt la ville actuelle banale et sans traces, et fait l’essai de sonder une situation qui n’a jamais été exprimée ouvertement, laissant en héritage sur place un profond malaise enfoui dans cette histoire mal assumée d’une dimension internationale.

 

projection à Vichy le 7 mars 2026

Presse La Montagne

"Le film de Bertrand de Solliers et Paule Muxel « L’année dernière à Vichy » sera présenté dans sa version longue le samedi 7 mars 2026 au cinéma Grand Ecran.

Le film a été réalisé entre 2003 et 2006 et diffusé par Arte en 2007 (…)

Bertrand de Solliers est réalisateur et documentariste indépendant. Il est originaire de Vichy. Avec Paule Muxel ils ont co-réalisé de nombreux films tout au long des quarante années de leur carrière. Ils ont abordé des thèmes difficiles comme la folie (« Histoires autour de la folie », 1993) ou le SIDA (« Sida, paroles de l’un à l’autre », 1993 ; « Une histoire qui n’a pas de fin », 1994 ; « Sida, paroles de familles », 1995).

Toute une partie de leur travail est également consacrée à l’histoire (« L’année dernière à Vichy », 2007, « Philippe Pétain », 2010, « Les carnets de Josée Laval », 2016)" (…)

Entretien avec Bertrand de Solliers

Comment doit-on vous présenter et présenter votre travail ?

Je m’intéresse à des sujets sur lesquels j’ai besoin d’apprendre. Il ne s’agit pas pour moi de transmettre mes idées mais d’essayer de transmettre ce que les gens pensent de la complexité de leur vie, du monde, de ce qu’ils traversent. Mon travail est un travail de passage. Mon objectif, c’est de faire passer des opinions, des expériences de la vie différentes. 

Comment est né le projet de « L’année dernière à Vichy » ? Comment avez-vous travaillé ?

Le projet du film est né au début des années 2000, à une époque où nous habitions à Vichy. Se retrouver dans une ville où l’on parlait peu de ce passé, ou avec beaucoup de retenue, a déclenché une sorte de conscience citoyenne. À l’origine du film, il y a ma propre ignorance sur la période et à l’époque Il n’y avait pas eu localement d’effort pour recueillir la mémoire vivante, celle des contemporains de la période. Cette mémoire vivante allait disparaître. Nous avons commencé à tourner le film en août 2003. Le rassemblement des témoignages s’est étalé sur plusieurs années. Au fur et à mesure, des liens se sont établis, des ponts se sont créés entre les personnes. Le dernier tournage avec Jean-Claude Stewart, qui avait été arrêté par la Gestapo, à Vichy a eu lieu en octobre 2006.

Comment concevez-vous votre rapport à l’histoire en tant que documentariste ?

Nous ne sommes pas des historiens. Nous nous posons des questions, que tout le monde peut se poser, pourrait se poser ou devrait peut-être se poser, surtout aujourd’hui où un film comme celui-là interroge les glissements de la politique. Notre objectif, c’était de questionner la mémoire de ces personnes qui très jeunes avaient vécu les quatre années d’occupation à Vichy et qui appartenaient à tous les bords politiques. Mon point de vue était qu’il était encore possible d’interroger la période de Vichy indépendamment des historiens. Quand je rencontre les filles de Jean Zay, cela se passe près des lieux où il a été assassiné. J’ai essayé de rendre le mieux possible le point de vue de cette époque. Ce n’était pas si simple. Par exemple, quand on a essayé de travailler sur la mémoire de Laval à Châteldon, je n’ai trouvé personne qui veuille parler. À Vichy les seules personnes que je n’ai pas pu aborder étaient des gens qui avaient été collaborateurs. C’était évidemment très difficile pour eux. Mais, d’une manière générale, les gens qui ont accepté d’évoquer ces années de guerre étaient encore très vivants dans leur mémoire.  

Systématiquement nous avons montré les rushes des témoignages pour que les personnes se rendent compte que leur parole avait été respectée et que le sens de leurs propos était construit dans un montage où il n’y avait pas d’ambiguïté. Leur validation a été pour nous une grande satisfaction.

Que vous a appris le film de la mémoire des témoins ?

La mémoire est quelque chose de difficile parce qu’elle est douloureuse. Il y a aussi l’influence de la mémoire collective sur la période. Mon travail avec Paule à ce moment-là a toujours de faire revenir les témoins au profond d’eux-mêmes et de les faire réagir à partir du vécu de leur enfance ou de leur adolescence, c’est-à-dire susciter chez eux la mémoire du vécu. Cela ne va pas de soi. Rares sont les personnes qui, comme Lucette Billet, la couturière de Cusset, revivent la mémoire comme s’ils vivaient encore les événements.

Vingt ans après, feriez-vous le même film aujourd’hui ?

Non, ce n’est pas possible. Chaque film appartient au moment où il est fait, avec ses qualités et ses défauts et aussi parce qu’il est impossible de tout dire. Les époques sont différentes, les intuitions sont différentes. On a aussi appris entre-temps.

Avez-vous présenté votre film à Vichy à l’époque ?

Non. Personne ne me l’a demandé. Ce sera donc une première.

 

.. présenter « L’année dernière à Vichy », il fallait bien 20 ans pour que ce film atteigne la ville où il a été tourné sur quatre années. J’ai été impressionné pour ma part de le revoir après toutes ces années sur le plus grand écran de la ville, de par la fraîcheur des témoins qu’il présente, dont il ouvre la parole sur l’époque.

Ce film parle de leur vécu mais il parle surtout aussi de vous, de nous dans ce ce que nous sommes, vous êtes, de ce que vous feriez dans ces situations-là.

(bs après projection 8 mars)

 

Retour après projection

 

Bertrand (si ta boite est encore d’actualité),

Merci pour m’avoir informée de cette projection. J’avais presque oublié l’extraordinaire richesse des témoignages que Paule et toi avez recueillis. Leur écho est encore plus crucial aujourd’hui.

Et revoir Tonio vivant est toujours une vive émotion…Nous sommes partis comme des voleurs, un rendez-vous nous attendait et nous étions déjà très en retard. Mon ex-collègue Stéphanie, avec laquelle j’avais travaillé sur un long format web sur Ravensbrück, et moi sommes d’accord sur l’absence de synthés. Intellectuellement, cela se défend, mais dans une démarche pédagogique, c’est plus compliqué. Alors même que votre film est un document on ne peut plus éclairant pour la jeune génération.

Tu as bien fait de rappeler que c’était la première fois que votre documentaire était « invité » à Vichy. Quelle honte ! Les décideurs municipaux qui se succèdent depuis 20 ans font preuve de la même constante lâcheté sur l’Histoire…

Bien à toi,

Sophie

(fille de Edmond Leclanché, lieutenant du Colonel Gaspard)

bottom of page