
L E S F O U S
projet en développement / texte en cours sujet à modifications
titre de travail, film documentaire
Un siècle et demi pour passer de la camisole à la parole.
Et si l’histoire de la folie racontait, avant tout, la nôtre ?
Ce film remonte des sources du traitement de la folie au 19ème siècle à aujourd’hui dans l’évolution de ses différentes pratiques en psychiatrie.
À l’ancien asile de Ville Évrard, lieu unique par son volume de patients et ses initiatives thérapeutiques, déversoir où l’hôpital Sainte Anne refoule ses malades de Paris sur des décennies, se joue l’histoire exemplaire du modèle occidental des soins en santé mentale.
Les formes de soins se modifient lentement sur ces lieux où souvent j’ai entendu dire : « deux pas en avant, un en arrière ».
Son modèle, le plus important en France sur plus de 150 ans, imité par plusieurs pays, a été et reste à ce jour fondateur sur la façon dont les sociétés industrielles pensent et traitent le désordre de certains comportements humains. De ce que la fragilité de chacun révèle en silence de notre propre humanité,
De l’asile où en enferme à la psychiatrie moderne, le film aborde ces mouvements sur une période qui va de 1868 à 2027.
Synthèse
Genre :Documentaire historique contemporain.
Auteur / Réalisateur : Bertrand de Solliers - écriture en développement - différents conseillers histoire et psychiatrie
Thèmes : psychiatrie, folie, mémoire, soin, société, exclusion
Lieu central : Hôpital psychiatrique de Ville-Évrard, Seine Saint Denis, Paris.
Période couverte : 1868 – aujourd’hui
Format : 4K
Année : 2027
Ville-Évrard, histoires d’un lieu toujours très vivant dans sa mémoire
Construit en 1868, Ville-Évrard devient rapidement le plus grand asile proche de Paris. Il n’existe pas d’équivalent en province.
Sainte Anne est une Unité à part d’où on envoie pratiquement tous les malades échoués de Paris principalement vers Ville Evrard, une cité fermée, plus de 300 hectares avec ses pavillons, fermes, ateliers, allées, routes, église, morgue, organisée avec une administration centrale qui gère l’ensemble comme dans la vie d’un grand bourg. Presque autarcique sur le plan alimentaire, à un moment elle a sa propre centrale électrique.
Au début du 20è siècle, l’ensemble réunit en continu 4 000 patients et autant de soignants. On y travaille, on y vit, on y meurt.
« Dans le fonds ancien (1868-1970), il existe 43 772 dossiers médicaux, dans le fonds contemporain, nous nous sommes arrêtés de compter en 2016 et nous avions alors très précisément 252 827 dossiers médicaux ». Anne-Pascale SALIOU Responsable Service des archives de Ville Evrard.
Il s’agit du fonds « papier » car depuis des années tout est numérisé. On approcherait du chiffre d’environ un demi-million de personnes qui y sont passées.
Les archives permettent de retrouver un choix dense dans ces trajectoires. Des vies entières consignées dans quelques pages, échanges de lettres entre mères et directeurs, médecins-chef, carnets, dossiers, objets, diverses traces matérielles.
Le bâtiment des archives de l’hôpital couvre 800 mètres carrés, unique aussi en France, indépendant de Sainte Anne et d’autres archives.
Perspectives contemporaines
La psychiatrie traverse une période incertaine.
La fin du film s’ancre dans le présent très vivant actuel et de ses conflits intimes et collectifs : Ville Evrard est encore là ici l’initiateur de nouvelles approches de soins. On associe la médecine générale. La neurobiologie prend place.
Une réflexion permanente est en cours dans une détresse qui augmente.
Les progrès techniques scientifiques (exploration cérébrale, diverses méthodes) existent, mais le lien humain se fragilise. Les soignants manquent, les lits ferment, les structures débordent. Le rejet s’installe à l’extérieur dans une société qui se défend.
La fin du film explore cette tension entre l’idéal humaniste et la réalité d’un système à bout de souffle.
Un constat vécu, celui de soignants qui continuent malgré tout à proposer des formes d’écoute, de présence, d’attention. La Psychiatrie reste le lieu ultime de la médecine dans l’échange humain.
Et en revisitant l’histoire longue de Ville-Évrard, le film devient une introduction à la psychiatrie contemporaine : un miroir tendu entre ce que nous avons été et ce que nous sommes encore.
Note d’auteur
Je porte depuis longtemps ce projet né d’une curiosité intime pour les lieux où la société a mis à l’écart ce qu’elle ne comprend pas ou ne veut pas comprendre : le désordre, la peur, les différences entre chacun, chacune, la folie. La difficulté d’intégration, une thématique de la réalité très actuelle.
À Ville Évrard, immense hôpital psychiatrique fondé en 1868 sur les idéaux de soins issus de projets qui datent de la Révolution française, j’ai trouvé plus que des murs : une mémoire, des visages, des voix, des histoires fortes qui parlent des limites humaines, physiques, morales concrètes de la vie.
Avec le film, j’interroge ce qu’il reste de ces lieux et de leurs voix. Et comment, d’un système clos, la psychiatrie a-t-elle pu peu à peu ouvrir ses voix, la parole, et ses portes, et devient.
Ville Évrard comprend un monde puissant de témoins directs, infirmiers, psychiatres, gardiens, patients, qui racontent une histoire de silences et d’autorité, de regards, de résistance et d’invention.
C’est à partir de cette matière que je construis ce film selon des moments charnière concrets de la vie sociale française. Un microcosme en liens avec les familles, la vie des gens.
Quand je suis entré pour la première fois à Ville-Évrard en 1989, je n’avais pas prévu d’y revenir.
J’ai tourné avec Paule Muxel deux films (1991-1992 et 2023), recueilli des témoignages, dans une longue préparation qui reste à 99% inédite, puis enfin compris que ce lieu était un point d’interrogation permanent. Que cette matière de témoignages vivants parlait sur plus déjà un siècle.
Je n’ai jamais cessé d’y revenir et plus de 35 ans après, les mêmes questions se posent : en santé mentale, qu’est-ce qu’on appelle soigner ?
Images issues de la préparation du film "Histoires autour de la Folie" (1) © 1989 1990 1992 1993

















Films précédents en lien avec ce projet, expérience professionnelle, liens visuels vimeo :
1993 – Histoires autour de la folie – extraits partie 1 et 2 2 x 1 h 35’ ou 4 x 52’
Prix Louis Marcorelles, Festival Cinéma du Réel & Mention Spéciale du Jury, Festival Cinéma du Réel 1993
Prix Spécial du Jury, Festival de Lorquin France 1993
1er Prix, Festival International du Film de Figueira da Foz Portugal 1993
Silver Hugo Awards, Social & Political Cat., Festival Int du Film de Chicago USA 1993
1er Prix Traces de Vie, Clermont-Fd France 1993
1994 – Mémoires d’asile (Arte Grand Format, 1h40)
2019 Qu’est-ce que je fais là ? extraits (1h54 et version 95’ sous-titrée anglais)
Tourné à Bruxelles, à l’unité de crise psychiatrique des Cliniques Saint-Luc dans un espace de soins des urgences.
2023 – Histoires autour de la folie 2 extraits
Tourné à l’hôpital de Ville Évrard en 2023, actuellement en montage